Tiens, v’là l’ blog qui bouge ! Chouette !
Concernant la fonction de l’art, le
Monsieur que tu cites, Karin, semble tenir beaucoup à ce que « ça
provoque ». Je préfère, quant à moi, dire que l’art et la littérature
peuvent, peut-être, parfois, quand on a vraiment quelque chose à dire, susciter
un questionnement, mais je ne crois pas qu’il faille leur attribuer une
« fonction » autre que d’être ce qu’ils sont. Le mot de « provoquer » a une
connotation combattante qui me semble instrumentaliser une pratique qui
n’a pas besoin de s’opposer pour exister, pas plus qu’elle n’a besoin
du contraire, d’ailleurs. On ne fait pas de l’art ni de la littérature
« contre ». S’il y a opposition, provocation, etc., c »est qu’à un moment,
le discours de l’artiste entre en conflit avec le discours courant. Ce
n’est pas quelque chose qu’il faut chercher. On ne peint pas un nu pour
provoquer, mais parce qu’on trouve ça BEAU. Si la société en est gênée,
trouve ça obscène, par exemple, elle considère alors cela comme
provoquant, mais ce n’était pas le propos. (Voir Michel-Ange). On
rejoint l’éternelle question de l’engagement dans l’art. Un artiste
« engagé », quelles que soient ses bonnes raisons, fait de sa pratique
l’outil de son combat. Il se sert de l’art au lieu de le servir. Être un
artiste, c’est déjà être engagé : c’est avoir dans la société la place
assez difficile à tenir de celui qui, à ses risques et périls, s’expose.
Il tente publiquement de donner forme. Parfois cela peut donner sens.
C’est ainsi que j’envisage ma pratique et c’est ce que j’essaie de
transmettre à ceux qui me font l’honneur de m’écouter, de regarder mes
œuvres, qui sont dédiées à la contemplation, et de me lire.

Concernant
l’article incriminé, je ne trancherais pas en disant que A. Nothomb est
une écrivaine essentiellement commerciale, même si c’est ce que je
pense, mais son article est d’un opportunisme indigne d’une artiste !
Ici, il y a la rencontre de deux maladies : celles de l’écrivaine et
celle de notre société. La première se nourrit de la deuxième.

Grand
merci à toi, Chère Karin.